Vous vous souvenez que j'avais flashé sur ce bouquin  : "petit traité des conflits ordinaires".

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Habituellement adepte des polars et des gros romans qui s'avalent dans la facilité, j'ai pris grand plaisir à déguster ce livre fluide, clair et diablement intelligent.

Il décrypte ce que nous pratiquons à longueur de journée sans en avoir nécessairement les clés : la communication dans la relation interpersonnelle.

Bien documenté, sérieux, basé sur l'exemple explicatif, il permet de comprendre comment nous communiquons.

Mais grande a été ma surprise en découvrant les dernières lignes du livre, la fin de la conclusion. Voici ce que j'ai lu :

"Savoir ne pas communiquer

(...) Nous vivons en effet à une époque où règne une idéologie du "tout communication".

Comme s'il suffisait d'échanger pour s'entendre et de communiquer plus pour mieux nous comprendre ; les nouvelles technologies multiplient les occasions et les modes d'échange ; téléphones portables, e-mails, sites Internet... (blogs ?) font qu'il est devenu très facile d'entrer en contact avec beaucoup de gens.

Mais, en dehors des communications instrumentales, on s'aperçoit aussi que ce qu'on croit être des dialogues ne sont souvent que des "pseudo-rencontres" où l'imaginaire prime sur le réel (il est rare qu'une relation amorcée à distance se concrétise par un contact satisfaisant dans le face-à-face).


Alors, il est peut-être bon de réfléchir un peu sur ce qui entreîne l'échec d'une relation ou, au contraire, ce qui en fait la qualité. Souhaitons que cette étude sur les conflits et les malentendus y ait contribué.

Une dernière remarque : s'il est important d'apprendre à se parler et à s'écouter, la "communication", l'"authenticité" ou la "métacommunication" ne sont pas des panacées universelles"

Il est primordial de savoir s'ouvrir aux autres ; mais il est tout aussi fondamental de savoir les tenir à distance, de se conserver des jardins secrets, de ne pas dire tout ce qu'on épouve ou pense, de ne se livrer qu'avec discernement.

De même qu'ils s'alimentent dans le "non-dit", les conflits peuvent aussi naître d'un trop-plein de révélations. Ce que l'idéologie actuelle tend souvent à masquer.

Il y a plus de deux mille ans, n'est-ce pas Esope qui affirmait déjà que "la langue est la meilleure et la pire des choses" ?

Et vous, qu'en pensez-vous ?