Un très joli mail dans ma boîte aujourd'hui.

Un mail d'un slameur que je ne connais pas et qui disait :

Aujourd'hui je suis heureux
D'entendre ta parole libre
Aujourd'hui je suis heureux
De pouvoir apprécier tes bribes
La parole au pouvoir
Est vraiment un espoir
Qui mieux que les syllabes
Pour dire et penser en rasade
Prenez le contrôle des bars, des théâtres et des rues
Montez à l'assaut des monuments jusqu'aux nues
Car vous avez un combat
Une lutte à mener, un débat
Redonner ses lettres de noblesse
A la parole qu'on blesse
Parce que le monde souffre du silence
Ce monde souffre de blessures immenses
Tu le sais toi grand corps malade
Toi qui surgit en cavalcade
Tu offres des couleurs
Aux enfants du malheur
Tu réanimes les cités
Pour le droit de citer
La galère des exclus
Y porter un regard dru
Avec en perspective
Le chemin de l'estive
Peu importe que l'on soit
Poète, proseur ou slameur
La fraîcheur repose des fois
Sur des yeux ouverts, des petits bonheurs
Et on oublie ta béquille
Qui supporte ton corps penché
Et on oublie cette esquille
Fichée dans tes pensées
Je viendrai vers toi dans tes virées
Car moi aussi j'ai au corps chevillé
Cette parole libre ces temps-ci oubliée
Et je veux à l'honneur la replacer
Cette parole qui peut vider les océans
En plusieurs vagues se soulever
Aiguiller la conscience des dirigeants
Grands autistes de notre société
Jamais les gens de toutes contrées
Silencieux, modestes, comme enterrés
Privés pour certains de leur dignité
N'ont été autant bafoués
Ils savent que la violence
Est une sournoise science
Qui donnera toujours raison
A l'inéluctable répression
Mais ils savent aussi clairement
Que la parole est un clairon
Porteur pacifiste de la revendication
Pourquoi se priver de cet instrument
Personne ne tuera jamais la parole
Elle sait se tourner en parabole
Elle sait se faire silence
Et s'exprimer en d'autres sens
On ne pourra pas tuer le verbe
Il s'éclipsera un temps peut-être
Pour renaître plus loin
Pour redire encore le lendemain
La parole peut tout décliner
L'homme a su l'apprivoiser
Elle est belle quand elle chante
L'espoir qui la hante
Mais attention quand elle gronde
et résonne comme une onde
Qu'elle s'empare des têtes et du monde
Alors malheur à ceux qui la vilipende

Ceci n'était qu'un prétexte
Pour un slam: respect à toi

JP

JP c'est Jean-Pierre COSTAGLIOLA.

Et pour ceux qui suivent, ils auront deviné à qui est dédié ce slam.

gcm1 A Fabien, bien sûr.